Le choix du moment des premiers semis de printemps est toujours délicat. Nous préconisons pour notre part d’observer le « fleurissement de la terre », terme millénaire et reconnu par l’agronomie :

Prendre une motte de terre et l’ouvrir. Lorsque les graines d’adventices (fiche wikipedia) pointent leurs germes dans la motte, c’est que la vie du sol est optimale et que le moment favorable pour semer est arrivé. On ratisse alors pour détruire les plantules indésirables, puis on sème. Le praticien chevronné n’a même plus besoin du test de la motte ; il perçoit par son corps – qui se sent bien -, par l’air, la terre, l’eau, qui sont en harmonie. Et c’est rarement aux moments conseillés par les fameux calendriers planétaires…

Jean-Marie Roger, Agronome

Voilà un précieux conseil, simple, de bon sens.

Il y a plusieurs manières de mettre des graines en terre, et le jardinier choisit l’une plutôt que l’autre en fonction de la saison ou de la culture. Des indications précises sont données sur ce blog pour chaque espèce cultivée.

 

Le semis en place

Les graines sont semées à l’endroit où les plantes accompliront tout leur développement. Il est obligatoire (sauf exceptions) pour les espèces à racine pivotante (carotte, salsifis, etc.) et les légumineuses (pois, haricots, etc.). Pour les autres, il est facultatif.

Il faut savoir que le semis en place :

  • économise le travail de transplantation et une partie de l’arrosage ;
  • impose des sarclages et des éclaircissages ;
  • supprime, pour la plante, le « stress » de la transplantation, d’où une plus grande précocité et une meilleure résistance aux agressions ;
  • consomme de la surface et de la semence.

 

Le semis en pépinière

Dans ce cas, les graines sont semées à densité élevée sur une surface réduite, et les jeunes plantes doivent être ensuite transplantées.

Avantages : il n’a pas les inconvénients du semis en place. De plus, la pépinière peut être installée dans un endroit fertile bien exposé ou abrité, ce qui assure aux plantes un bon démarrage. Enfin, il est possible de sélectionner les plants à la plantation (important pour les choux).

 

Le semis en pots, godets, terrines ou mottes

Il s’applique aux végétaux qu’il est difficile de semer en place (température trop basse, risque d’attaque d’un ravageur) ou qui supportent mal le repiquage à racines nues.

 

Qu’ils soient réalisés en place, en pépinière ou en conteneurs, les semis peuvent avoir lieu en pleine terre, c’est à dire … en plein air, ou sous abri.

 

Les techniques de semis

Le semis à la volée

Il consiste à répandre les graines à la surface de la terre et à les enfouir d’un coup de râteau ou en les recouvrant de terreau. Il faut ensuite damer légèrement avec le plat du râteau.

Principales cultures concernées : radis, mâche, navet (semis en place); chou, laitue (en pépinière).

Le semis à la volée n’est pas à conseiller car il est plus difficile à réaliser et il rend difficiles les travaux d’entretien (sarclage, binage, épandage d’engrais).

Le semis en lignes

Les graines sont déposées au fond d’un sillon creusé en tirant une serfette le long d’un cordeau, un manche d’outil d’environ 40 mm de diamètre ou un morceau de bois de section carrée (20 mm de côté).

Cette dernière technique « par pression » est adaptée aux semis de graines fines, qui demandent une profondeur très précise et régulière ainsi qu’un lit de semence plutôt ferme (mâche, carotte, navet, laitue, etc.). Le sol ne doit pas être trop humide.

Le semis en rang large

C’est un compromis entre les semis en ligne et à la volée, qui est utilisé principalement pour les carottes.

Cette technique consiste à semer sur des bandes de terre bien préparées larges de 10 à 20 cm et à enfoncer les graines en passant le croc une seule fois et très légèrement. Cela permet de mieux utiliser le terrain (meilleur rendement), mais cela rend plus difficile la lutte non chimique contre les mauvaises herbes. À réserver, donc, aux sols très propres.

Le semis en poquets

Il consiste, sur une même ligne de semis, à regrouper des graines par 3, 4, 5 ou 6. L’intérêt de cette méthode, c’est que les plantules peuvent s’entraider pour briser une éventuelle croûte superficielle. La levée est ainsi plus rapide.

Cependant, le semis en lignes reste supérieur pour ce qui est de l’utilisation de l’énergie solaire.

Légumes habituellement semés en poquets : cardon, concombre, cornichon, courge, haricot, maïs, melon, tétragone.

Le semis en conteneurs (pots, terrines, godets)

Les conteneurs sont des récipients en terre (pots et terrines), en plastique (godets et terrines) ou en tourbe pressée (godets). Les pots et godets conviennent pour le semis de plantes qui vont y rester jusqu’à leur plantation (« en motte »), alors que les terrines peuvent recevoir des pépinières. Le plastique est à la fois léger et réutilisable, et il tient mieux l’humidité que la terre. La tourbe est la solution la plus coûteuse… et souvent légèrement chimique (présence d’un engrais soluble).

Les conteneurs doivent être remplis aux 9/10 avec un mélange d’éléments fins et d’éléments fibreux, par exemple :

  • 1/4 de terre de jardin
  • 1/4 de sable
  • 1/2 de compost tamisé d’origine végétale

Ce compost peut être à la base de broussailles, de déchets du jardin, de « poudron » d’arbres creux (saule ou peuplier). Éviter le compost de fumier ou les formules enrichies avec des engrais d’origine animale.

Semer dans un mélange légèrement humide et recouvrir terrines ou godets avec une vitre (ou une feuille de plastique, ou plusieurs feuilles de papier humide). Après la levée, enlever cette protection et arroser régulièrement, sans excès.

Le semis en mottes

Très répandu chez les professionnels, il est également intéressant pour l’amateur. Il faut d’abord confectionner des « mottes » en utilisant un petit appareil spécial – le presse-mottes – et du terreau de semis très humide. Les mottes sont placées sur des plateaux, serrées les unes contre les autres, puis on dépose sur chacune une ou plusieurs graines. Il suffit ensuite d’arroser régulièrement et d’attendre que les plants aient la taille voulue pour la plantation. On enterre alors simplement la motte, qui est très solide du fait de la présence des racines.

Graines à semer en motte: laitue, chicorée, choux, oignon et autres « petites graines ».

 

Quelques conseils pour le semis

 

  • Il faut semer plus profond en été qu’un printemps, et en terre légère plutôt qu’en terre lourde.
  • Si la terre est sèche, arroser quelques heures avant le semis, ou bien arroser le fond du sillon et refermer celui-ci avec de la terre sèche. Pailler légèrement avec des herbes sèches.
  • Si la pluie menace, recouvrir la terre destinée au semis avec des cartons ou du plastique.
  • En début de saison, en terre lourde, refermer les sillons avec de la tourbe noire ou du terreau de commerce (indemne de graines de mauvaises herbes). Par la suite, refermer avec de la terre. Éviter dans tous les cas les terreaux jardiniers, très « salissants ».
  • Le trempage : il est parfois utile, pour faciliter la levée, de faire gonfler les graines en les immergeant pendant 24h environ dans de l’eau tempérée. Les petites graines seront égouttées sur un papier absorbant avant d’être semées. Utile en particulier pour les curcubitacées (courge, melon, etc.), les pois, les haricots, les fèves et les carottes. Important : ne pas semer en sol sec des graines préalablement trempées.

 

L’exécution du semis

 

Les sillons sont tracés à la serfouette et au cordeau, puis, après le semis, refermés et légèrement damés avec le dos du rateau.

Le plus simple, pour semer, est d’utiliser le sachet en lui-même, en le tapotant pour faire descendre les graines le plus régulièrement possible. La densité idéale de semis (distance moyenne entre les graines) dépend de l’espèce. Elle est plus difficile à respecter avec les « petites » graines. On peut mélanger ces dernières avec du sable sec pour obtenir une répartition plus régulière.

 

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