Le compostage sous tous les angles
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Le compost

 

Le compostage est la fabrication d’un amendement organique (le compost) à partir de matériaux végétaux ou de fumiers par un processus biologique. Indispensable en jardinage biologique, il a 3 objectifs principaux :

  • la fabrication de l’engrais le plus naturel et le plus équilibré qui soit ;
  • la fabrication de l’humus, substance organique complexe qui seule peut maintenir le sol fertile. L’humus améliore l’aération et le drainage du sol, stimule son activité biologique, favorise son réchauffement au printemps grâce à sa couleur noire, augmente ses réserves en eau et éléments nutritifs, le rend plus facile à travailler ;
  • le recyclage biologique de tous les déchets du jardin et de la cuisine, outre qu’elle est bénéfique au jardin, cette récupération « à la source » épargne à la collectivité la collecte et le traitement de ces « déchets verts » ou « déchets ménagers fermentescibles ».

 

Composition des matériaux du compost

Matériaux pauvres en carbone et riches en azoteMatériaux de composition idéale (carbone/azote = 25-30)Matériaux riches en carbone et pauvres en azote
  • engrais vert (jeune)
  • foin de légumineuses
  • déjections animales
  • sang desséché
  • engrais organiques du commerce
  • déchets domestiques (épluchures, restes, etc.)
  • tontes de gazon
  • fumier décomposé
  • fanes de tomates
  • choux
  • algues marines (vertes ou brunes)
  • consoude, ortie
  • Feuilles d’aulne, de frêne
  • fumier (avec litière)
  • mauvaises herbes
  • marc de café
  • fanes de pommes de terre
  • broussailles fraîches broyées
  • Paille de maïs, de blé et autres céréales
  • broussailles et bois de taille broyés
  • sciure de bois
  • papier et carton
  • tourbe
  • feuilles de chêne, de bouleau, d’érable

 

Le compostage fait intervenir :

  • des matériaux organiques, en génral un mélange ;
  • des êtres vivants : microorganismes (bactéries, champignons, etc.), vers de terre, insectes, etc., qui, en se nourissant des matériaux organiques, réalisent leur transformation ; ils se multiplient spontanément ;
  • le jardinier : celui-ci réalise le mélange, le broyage éventuel, les retournements, etc. Son rôle est de contrôler et d’accélérer un phénomène qui se produit en permanence dans la nature.

 

Les matériaux de départ

Tous les matériaux organiques peuvent être compostés. Certains seuls, d’autres en mélange selon leur composition, leur apparence, leur taux d’humidité.

matériaux de compost

Ne pas composter :

  • les brindilles, branches et trognons non broyés ;
  • les pieds de choux atteints par la hernie et les pieds de tomates présentant des symptômes de maladies autres que le mildiou ;
  • les papiers et cartons vivement colorés (chargés en éléments polluants) ;
  • les pommes de terre vivantes (elles repoussent) ;
  • les plastiques, métaux et cailloux (non biodégradables) ;
  • les mauvaises herbes grainées (dans la mesure du possible) ;
  • les cendres de charbon (chargées en éléments polluants).

Peuvent être compostés :

  • les papiers ou cartons imprimés en noir (même glacés) ;
  • les coquilles d’oeufs ;
  • les cendres de bois ;
  • la terre des potées de fleurs ;
  • les tiges ;
  • les feuilles ;
  • les fruits abîmés ;
  • les éplucures ;
  • les tontes de gazon ;
  • les mauvaises herbes.

 

Le compostage en tas

Il permet de fabriquer rapidement et sur une surface réduite une quantité importante de compost. Il demande un certain travail.

  1. Le stockage : une famille et son jardin produisent chaque jour de smatériaux à composter mais, sauf exception, peu à la fois. Il faut donc stocker ces matériaux jusqu’à obtenir un volume suffisant pour l’édification d’un tas (1 à 2 mètres cubes). Le plus simple est d’entasser les matières premières à même le sol dans un coin du jardin facilement accessible, juste à côté de l’aire de compostage.
    Étaler régulièrement sur le tas quelques pelletées de terre, de lithothamme ou de poudre de roches.
  2. La réalisation du tas : à l’aide d’une fourche à fumier, monter un tas à même le sol, en couches horizontales successives (secs et humides, riches en carbone et riches en azote, voir tableau au-dessus). Les matériaux naturellement équilibrés peuvent ne pas être mélangés. Les couches peuvent être disposées obliquement, ce qui permet d’allonger le tas progressivement, au rythme des disponibilités en matériaux.
    Arroser copieusement chaque chouche, saupoudrer une pelletée de cendre de bois ou de dolomie, de lithothamme, etc. Pas de chaux, dont l’effet serait trop brutal. Ajouter quelques brassées d’ortie non grainée, comme activateur. Les « activateurs » du commerce ne sont pas utiles pour le compostage jardinier. Recouvrir le tas de quelques centimètres de paille, d’herbe sèche ou de feuilles mortes, puis de quelques pelletées de terre de jardin. Un petit faîtage en plastique pourra être utile dans les régions pluvieuses.
  3. L’évolution du tas : au bout de quelques jours, le tas commence à chauffer (jusqu’à 50-60°C). Puis la température diminue. À ce moment, il est bon de remanier le tas à la fourche, en le déplaçant d’un mètre environ, en disposant les couches superficielles du premier tas au coeur du second. Cela permet de relancer la fermentation.
    À ce stade, le tas peut présenter deux défauts qui font qu’il ne chauffe pas :

    • matérieux secs, présence de filaments grisâtres (champignons) : manque d’eau. Arroser ;
    • matériaux pâteux, nauséabonds, avec zones verdâtres : excès d’eau. Refaire le tas en incorporant des matériaux secs.
      Après la phase de chaude apparaissent dans le tas des vers du fumier (roses à anneaux blanchâtres). Le compost est alors « demi-mûr ». Les matériaux de départ sont reconnaissables, mais brunis.Plus tard, le compost prends une consistance plus terreuse. Il sent bon et abrite des lombrics fouisseurs (vers de terre proprement dits) : c’est du compost « mûr ».Tamisé, il devient du terreau. Passé ce stade, le compost ne peut que s’appauvrir. Il faut donc l’utiliser.La durée du compostage est très variable et dépend tout à la fois du volume du tas, des matériaux qui le constituent et de la température extérieure. En général, un compost demi-mûr est obtenu en un à trois mois, à la belle saison. Six à douze mois plus tard, l’évolution est terminée.
  4. L’utilisation du compost :
    • compost demi-mûr (appelé autrefois « paillis ») : l’épandre en surface entre les lignes de légumes, sous les arbres et arbustes, et le recouvrir d’une fine couche de paille ou d’herbe sèche. Les vers de terre se chargent de l’enfouir. Ou bien l’incorporer au sol lors du bêchage de fin d’automne, là où sera mise en place au printemps suivant une culture exigeante ;
    • compost mûr : même utilisation que le compost demi-mûr, mais on peut aussi l’enfouir à la plantation des arbres et arbustes ou, à tout moment, à l’aide d’un croc, avant un semis ou une plantation de légumes.

Les quantité à apporter annuellement varient entre 20kg et 150 kg/10 m² selon :

  • la teneur initiale du sol en humus, donnée par l’analyse de la terre. Un sol pauvre doit être enrichi… mais un sol riche doit être entretenu ;
  • le niveau de productivité souhaité. Il vaut mieux faire pousser des légumes de calibre moyen que des légumes énormes, moins nutritifs, de mauvaise conservation, et souvent moins bons ;
  • les matériaux disponibles : il est souvent nécessaire de récolter des vévétaux (fougères, consoude, etc) à l’extérieur du jardin, ou d’acheter du fumier et même du compost. En effet, les résidus de récolte (fanes, etc.), les épluchures et les mauvaises herbes ne sont en aucun cas suffisants pour maintenir et, a fortiori, augmenter la teneur en humus du sol d’un jardin.

 

Le compostage en silo

C’est une variante du compostage en tas qui a pour principaux avantages de gagner de la place, d’accélerer le processus de compostage et, éventuellement, d’améliorer l’esthétique du « coin compost ». Les matériaux ne sont pas stockés, ils sont placés au fur et à mesure de leur « production » dans un grand récipient à claire-voie appelé silo. Le mélange idéal est plus difficile à réaliser qu’avec le tas classique, mais il y a moins d emanipulations.

L’idéal est de disposer d’au moins deux silos, dee façon à ce que l’un fermente pendant que l’on rempli l’autre.

Des silos à compost en bois ou en plastique sont disponibles dans le commerce. Préférer ceux qui sont en plastique recyclé et labellisés NF Environnement.

Le mini-silo solaire : les sacs à engrais en plastique transparent font de très bons silos. Il suffit, avant de les remplir de déchets organiques, de les percer de quelques trous à tous les niveaux. Les placer ensuite au soleil. La décomposition est très rapide. Intéressant si l’on a peu de matériaux à composter et un petit jardin.

Silos de compost

 

Le compostage en surface

C’est une imitation de ce qui se passe naturellement quand les végétaux morts ou des déjections animales tombent sur le sol et s’y décomposent.

Il consiste à épandre les matériaux à composter sur la surface du sol. Il ne demande ni mise en tas, ni retournement, ni épandage, ce qui constitue autant d’économies de travail. De plus, le sol « profite » beaucoup de ce type de compostage d’un point de vue biologique.

Voici les principaux cas où il peut être réalisé :

  • tonte d’herbe sans ramassage, en particulier au pied des arbres ;
  • après une récolte de potirons, tomates, haricots ou pois. Les feuilles et tiges sont laissées sur place et si possible broyées à la tondeuse. L’enfouissement a lieu en cours d’automne grâce aux vers de terre, et au printempss suivant par bêchage ;
  • après un sarclage, les mauvaises herbes sont abandonnées sur le terrain, dans les allées ou entre les rangs (paillage) ;
  • « mulching » (ou paillage) avec toutes sortes de matériaux organiques entre les rangs de cultures.

 

Le fumier

C’est l’amendement organique le plus précieux et le plus utilisé.

Il est constitué par le mélange de déjections animales, solides et liquides, et de litière (paille le plus souvent).

L’idéal est de produire du fumier chez soi, si l’on a une surface en herbe et des animaux (volaille, chèvres, moutons, etc.). Mais le plus souvent il faut l’acheter.

Les principaux fumiers sont :

  • le fumier de volailles : très riche en azote, il faut le considérer comme un engrais. Éviter d’utiliser le fumier provennant d’élevages industriels ;
  • le fumier de vache : c’est le meilleur pour améliorer les terres légères ; il chauffe peu quand on le met en tas ;
  • les fumiers de chèvre, cheval, mouton, lapin : conviennent bien aux terres lourdes ; chauffent facilement.

Utilisations du fumier :

  • compostage en tas (en été, sourtout) ;
  • compostage en surface (printemps et automne) ; si le fumier est très pailleux, attendre 3 à 9 semaines avant de le mélanger à la terre ;
  • enfouissement superficiel (15 cm) à la bêche ou au motoculteur (charrue, dents, motohoue) en fin d’automne.

 

Comment bien choisir les broyeurs à compost

 

Les broyeurs à compost – encore appelés broyeurs de jardin – sont des appareils motorisés qui servent à hacher ou déchiqueter les matériaux organiques (feuilles, brindilles, etc.) que l’on peut récupérer dans le jardin.

 

Pourquoi broyer ?

  1. Les matériaux broyés occupent un volume beaucoup plus faible que celui des matériaux bruts, ce qui résout les problèmes d’encombrement dans les petits jardin.
  2. Les matériaux peuvent être étalés sur le sol aussitôt broyés, en particulier au pied des arbustes et des rosiers.
  3. Certains matériaux ne peuvent être compostés qu’une fois broyés (brindilles, feuilles dures, etc.).
  4. Le broyage permet un compostage plus rapide car la surface d’attaque par les microorganismes est multipliée.

 

Les systèmes de broyage

Systèmes à couteaux coaxiaux : ils coupent selon le principe des ciseaux et sont plutôt adaptés au broyage des matériaux durs (brindilles), les autres provoquant souvent un bourrage. Ils équipent habituellement les modèles bon marché. Certains broyeurs plus chersn munis d’un système d’éjection, peuvent traiter tous les matériaux.

Systèmes à couteaux tangentiels : les couteaux sont fixés sur un cylindre rotatif (rotor), parallèlement à l’axe. Ces broyeurs fonctionnent donc suivant le principe du rabot. Ils sont moins sensibles au bourrage que les modèles équipés de couteaux axiaux, et conviennent pour tous les matériaux.

Systèmes à marteaux ou « sections » : ils frappent et déchiquètent les matériaux, mous ou durs. Certains broyeurs combinent couteaux et marteaux.

Moteur thermique ou électrique

Les petits modèles sont tous électriques ; les plus gros possèdent en général une version thermique et une version électrique. La première donne la possibilité de broyer n’importe où, la seconde nécessite moins d’entretien et fait moins de bruit. Attention : l’installation électrique doit être suffisamment puissante.

La puissance et le prix

La puissance des différents broyeurs proposés se situe entre 1000 et 3000 watts (1 à 4 chevaux). L’expérience prouve qu’il faut disposer d’au moins 1600-1700 watts pour faire un travail efficace.

Les prix, eux, varient dans une proportion de 1 à 6, et il semble que l’efficacité (et surtout la fiabilité) leur soit directement proportionnelle. Pour un bon modèle, il faut compter un investissement de l’ordre du double de celui d’une tondeuse à gazon.

 

Broyer … sans broyeur

  1. Le système hachette + billot permet de traiter sommairement les branchages.
  2. L’écrasement : on peut éclater à la massette les trogons, les coquilles d’huîtres, etc. ; les branchages (découpés), les tiges de maïs, et.c, peuvent être étalés sur le passage d’une voiture ou d’animaux.
  3. La tondeuse à gazon : étaler les matériaux et passer la tondeuse en ne travaillant que sur la moitié de la largeur. Éviter les brindilles de calibre supérieur à 1 cm.

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