Le travail du sol
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On ne doit pas travailler un sol trop sec ou trop humide. On reconnaît le moment propice au fait qu’une motte de terre prise entre les doigts est friable et ne colle pas.

Cette période favorable intervient, après une période humide, plus tôt en sol léger qu’en sol lourd. Sa durée étant variable, il faut bien surveiller l’évolution de l’état du sol quand on envisage de travailler celui-ci. Si on n’attends pas assez, le travail de la terre produit un « gâchage » ; si l’on attends trop, on fait de la poussière… ou l’on se heurte à un chape de « béton ». La période de l’année la plus délicate pour le travail du sol est sans doute celle qui précède les premiers semis de printemps en pleine terre, c’est à dire, en général, le mois de mars.

 

Le bêchage

 

C’est la première étape dans la préparation du sol, et celle qui demande le plus d’énergie.

A noter : dans les sols très légers, le bêchage n’est pas indispensable.

Les buts du bêchage sont :

  • l’ameublissement du sol en profondeur (jusqu’à 30cm environ) ;
  • l’enfouissement des engrais, du compost et des amendements (épandus avant le bêchage) ;
  • la destruction des mauvaises herbes (elles sont déracinées puis enlevées ou enfouies).

Le bêchage traditionnel (à la bêche à dents ou à la bêche plate) consiste à retourner les mottes. Il est très fatiguant et ce n’est pas toujours satisfaisant sur le plan biologique. On ne l’utilisera donc que s’il est nécessaire d’enfouir très vite la végétation en place, et à condition que le sol soit riche en humus et que le sous-sol (en général de couleur plus claire) se trouve à plus de 30cm de profondeur.

Dans tous les autres cas, on pratiquera le bêchage sans retournement, qui respecte mieux la vie du sol tout en demandant moins de travail. Il est possible d’utiliser une simple bêche à dents, mais les bêches spéciales type Grenilette ou Aérabêche sont plus efficaces. On travaille en reculant, l’outil soulevant simplement les mottes en les laissant ensuite retomber (l’émiettement peut être amélioré, si nécessaire, en agitant le manche de l’outil).

Après le bêchage de fin d’automne ou d’hiver, il est bon de laisser agir les facteurs climatiques (pluie, gel), en particulier en sol lourd et argileux. Au printemps et en été, il est préférable d’effectuer la préparation du sol assez rapidement avant les plantations et semis.

Dans les autres sols (sols légers, limoneux battants, ou bons sols de jardin), il est préférableque la terre ne reste pas nue trop longtemps, surtout en hiver. Après le bêchage, il faut donc, soit y installer une culture, soit les couvrir (compost, paillis, résidus de culture, engrais vert).

 

L’émiettage

 

Il vient après le bêchage. Il consiste à réduire les grosses mottes en particules fines. Par la même occasion, on nivelle le terrain et on enlève les cailloux, herbes et autres corps indésirables, sauf si l’on détruit un engrais vert, et l’on peut enfouir des engrais ou du compost. On utilise le plus souvent, pour ce travail, un croc à fumier (4 ou 5 dents), mais on peut aussi faire un ou deux passages de bêche sans retrounement. En été, dans les sols non argileux, le bêchage n’est pas nécessaire entre deux cultures : l’émiettage suffit.

 

Le ratissage

 

Il précède immédiatement le semis. Il n’est pas indispensable pour une plantation. Avec un rateau, on affine la couche superficielle du sol et on parfait le nivellement. Le lit de semence est prêt.

Cas particulier du travail sur une seule ligne de culture : en cours de saison, il est parfois nécessaire de travailler une ligne déjà récoltée entre deux lignes occupées par des cultures. La bêche et le croc ne sont pas adaptés à ce type d’itnervention car trop larges. Il est préférable d’utiliser un outil particulier connu sous différents noms : bio-cultivateur, mini-sous-soleuse, dent de cochon, etc. La lame, étroite et le plus souvent cuivrée pour faciliter la « glisse », est recourbée en demi-cercle. Elle ouvre le sol à 20cm de profondeur environ, sans le retourner.

 

 

Le défrichage

 

La mise en culture d’une friche – prairie plus ou moins embroussaillée – suppose des efforts importants. Si la surface est relativement grande, il est indispensable de faire appel à du matériel motorisé (véritable motoculteur), voire de faire intervenir un agriculteur avec son tracteur et une charrue.

 

Défrichage d’été-automne

En été,  faucher les hautes herbes en les laissant sur place. Déraciner les broussailles. Éventuellement, dévitaliser les souches à l’aide d’un produit à base de sulfamate d’ammonium.

En octobre, réaliser un travail superficiel à l’aide d’un outil motorisé à dents, afin de déraciner la végétation. En novembre, réaliser un labour à 25cm de profondeur environ.

En mars, reprendre le labour à l’aide d’on outil motorisé à dents ou d’une bêche spéciale type Aérabêche ou Grelinette. Mettre en culture en avril

 

Défrichage d’hiver-printemps

Faucher et débroussailler en hiver. Déraciner la végétation en février-mars. Labourer en mars-avril.

Il est inutile d’apporter une fumure lors du défrichage. L’herbe et les racines enfouis, ainsi que l’humus contenu dans le sol de la friche, suffisent largement à nourrir les premières récoltes, qui sont souvent très belles.

 

Petites surfaces

Première solution : arracher les herbes en s’aidant d’une bêche à dents et les ajouter au tas de compost.

Dexième solution : couper les herbes au ras du sol à l’aidde d’une houe bien affûtée. Les ramasser et les ajouter au tas de compost. Bêcher ensuite. Ramasser le plus gros des racines à laide du croc.

Troisième solution : en mars, faucher ou tondre ras, puis recouvrir la parcelle à défricher de vieux tapis ou de plastique opaque. Enterrer les bords ou les lester avec des madriers ou des grosses pierres. Pivée de lumière, la végétation meurt, puis se décompose sous cette couverture. En mai, percer des trous dans le tapis ou le plastique et y planter (au choix) potirons, concombres, courgettes, tomates ou choux. À l’automne, la couverture peut être enlevée. Les mauvaises herbes, même les plus rebelles, ont disparu, comme digérées par le sol.

 

Quelles cultures pratiquer après un défrichage ?

Implater des cultures appréciant la présence de matière organique mal décomposées dans le sol et pouvant concurrencer la repousse des mauvaises herbes. Ce sont notamment la pomme de terre (culture « nettoyante » par excellence), la tomate, le concombre, le potiron, la courge, la courgette, les choux, les céleris.

D’une manière générale, préférer, sur défriche, les cultures à planter aux cultures à semer, plus sensibles à l’envahissement par les mauvaises herbes.

À éviter juste après le défichage, du fait de la présence de nombreux débris végétaux : carotte,  oignon, haricot (sensible à la mouche des semis), salades (sensibles aux attaques d’insectes du sol).

 

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