Principe de la rotation des cultures

 

La rotation fait partie des bonnes pratiques agricoles. C’est la succession des cultures sur une même parcelle. Combinée aux besoins du jardinier, elle détermine l’assolement, c’est-à-dire la surface et la place de chaque culture au jardin.

Ne pas faire de rotation, cela revient à répartir les cultures au hasard dans le jardin, avec le risque de cultiver la même chose au même endroit. Cela représente de nombreux inconvénients :

  • la multiplication des insectes et des maladies propres à la culture en question ;
  • une moins bonne utilisation des éléments nutritifs présents dans le sol, pouvant aboutir à un appauvrissement. Chaque légume a des besoins complémentaires de ceux des autres : certaines espèces sont améliorantes, d’autres sont gourmandes donc épuisantes ;
  • dans certains cas, une intoxication progressive du sol, appelée « fatigue du sol », qui a plusieurs causes, notamment l’accumulation de toxines sécrétées par les plantes et la multiplication des nématodes (vers parasites) et des microorganismes pathogènes ;
  • le développement des mauvises herbes. Certaines cultures sont « salissantes », d’autres « nettoyantes ».

L’importance des rotations est toutes relative : certaines plantes supportent parfaitement de revenir souvent sur la même parcelle, d’autres beaucoup moins. L' »histoire » du sol du jardin est aussi à considérer : un sol neuf sera plus tolérant qu’un sol déjà fatigué.

 

La rotation des cultures en pratique

 

La rotation des cultures ne peut être pratiquée, au jardin, qu’avec l’aide d’un carnet où chaque page correspond à une parcelle bien délimitée du jardin, dotée d’un numéro. Chaque culture doit y être notée. Les règles qui président à l’établissement d’une rotation sont nombreuses et parfois complexes. Il est difficile de les appliquer de manière rigoureuse. Dans la pratique, il faut d’abord éviter les grosses erreurs, puis tenir compte des exigences en fumure organique, et enfin, si possible, appliquer les autres règles de rotation.

 

Exigence des légumes en compost

 

Apport nul : ail, arroche, chou de Bruxelles, cresson, crosne, échalotte, endive, fève, mâche, navet, oignon, pourpier, radis.

Apport moyen (- de 300kg/100 m²) : aspèrge, betterave, blette, carotte, chicorées, haricot, laitue, pissenlit, pois, panais, salsifis, scorsonère.

Apport important (+ de 300kg/100 m²) : artichaut, aubergine, cardon, céleri, chou de Chine, chou pommé, chou-fleur, chou-navet, chou-rave, concombre, cornichon, courge, épinard, fenouil, fraisier, maïs, melon, piment, poivron, pomme de terre, potiron, tétragone, tomate.

 

NB : une brouette contient environ 40 kg de compost.

 

Éviter les grosses erreurs

 

Certaines cultures ne doivent revenir au même endroit qu’après quatre ou cinq ans. Ce sont les bulbes (ail, échalote, oignon, poireau), les crucifères (choux, rutabaga, navet, radis, cresson) et le pois.

D’autres doivent être surveillées :

  • les espèces sensibles au rhizoctone violet, maladie qui se manifeste par une pourriture des racines et des taches de couleur violacée. Ce sont la carotte, l’asperge, la betterave, l’endive, le fraisier. En cas de maladie, respecter un intervalle de cinq ans minimum entre deux cultures sensibles ;
  • la tomate : attendre au moins quatre ans avant de la replanter au même endroit si elle souffre chez vous d’alternariose (taches noires bien délimitées sur feuilles, tiges et fruits) ou du fleutrissement bactérien (feuilles fanant brutalement) ;
  • la pomme de terre : en cas de maladie affectant la peau des tubercules, respecter une rotation d’au moins quatre ans ;
  • le fraisier : il vaut mieux ne pas le réinstaller au même endroit avant sept ou huit ans.

 

Tenir compte des exigences en fumure organique

 

Certaines cultures exigent un apport de compost, d’autres le supportent mal. Après un apport de compost, on implémentera donc une culture exigeante ou moyennement exigeante. À la suite, on choisira une culture se contentant d’une arrière-fumure.

 

Appliquer les autres règles des rotations

 

Il est en général conseillé de faire se succéder :

  • des plantes développant des organes différents – racine, bulbe ou tubercule, feuille, fleur, graines ou fruit ;
  • des plantes appartenant à des familles botaniques différentes

 

Plantes potagèes et familles botaniques

 

Composées (Astéracées) : artichaut, cardon, chicorée, estragon, laitue, pissenlit, salsifis, scorsonère, topinambourg.

Ombellifères (Apiacées) : carotte, céleri, cerfeuil, fenouil, panais, persil.

Liliacées : ail, aspèrge, ciboulette, échalote, oignon, poireau.

Légumineuses (Fabacées) : fève, haricot, lentille, pois, trèfles, luzerne.

Chénopodiacées : concombre, courge, potiron, melon.

Solanacées : aubergine, coqueret du Pérou, pomme de terre, tomate, piment.

Labiées : crosne, thym.

Crucifères (Brassicacées) : choux (totues espèces), cresson, navet, radis, roquette, moutarde.

Autres : fraisier, mâche, maïs, oseille, tétragone, seigle, phacélie, pourpier.

 

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